CBD et THC : des effets anticancéreux prometteurs observés en laboratoire sur le cancer de l’ovaire
Une publication scientifique parue en décembre 2025 dans frontiers relance l’intérêt pour les cannabinoïdes dans la recherche contre le cancer. En 2025, une équipe internationale a mis en évidence, en conditions de laboratoire, des effets anticancéreux significatifs du CBD (cannabidiol) et du THC (tétrahydrocannabinol) sur des cellules de cancer de l’ovaire.
Des résultats encourageants, mais qui restent à interpréter avec prudence.
Une étude in vitro qui cible des cellules tumorales, même résistantes
L’étude, publiée dans la revue Frontiers in Pharmacology, s’est intéressée à deux lignées de cellules cancéreuses ovariennes humaines :
- A2780, sensible à la chimiothérapie ;
- SKOV3, résistante aux traitements à base de platine.
Les chercheurs ont également testé ces substances sur des cellules ovariennes saines afin d’évaluer leur toxicité.
Les résultats montrent que :
- le CBD et le THC réduisent la viabilité des cellules cancéreuses de manière dose-dépendante ;
- les doses nécessaires pour affecter les cellules tumorales sont jusqu’à 4 fois plus faibles que celles impactant les cellules saines ;
- l’effet est encore plus marqué lorsque les deux molécules sont combinées.
Cette sélectivité constitue un point clé : elle suggère un potentiel ciblage des cellules tumorales, sans atteinte significative des tissus sains.
Une combinaison CBD + THC particulièrement efficace
L’un des résultats les plus notables concerne l’association des deux cannabinoïdes à parts égales (ratio 1:1).
Dans ce cas, les chercheurs ont observé :
- une diminution du nombre et de la taille des colonies tumorales ;
- une réduction significative de la migration et de l’invasion cellulaire ;
- une augmentation de l’apoptose (mort cellulaire programmée), touchant environ 25 % des cellules en 48 heures.
Autrement dit, non seulement les cellules cancéreuses prolifèrent moins, mais elles deviennent aussi moins capables de se propager.
Des mécanismes biologiques identifiés
Au-delà des observations visibles, l’étude met en lumière plusieurs mécanismes d’action.
1. Blocage de la prolifération cellulaire
Les cannabinoïdes induisent un arrêt du cycle cellulaire (phase G0/G1), empêchant les cellules tumorales de se diviser.
2. Activation de l’apoptose
Le stress cellulaire induit, notamment au niveau des mitochondries, favorise l’autodestruction des cellules cancéreuses.
3. Inhibition d’une voie clé du cancer
Les chercheurs ont identifié une action sur la voie PI3K/AKT/mTOR, souvent impliquée dans :
- la croissance tumorale ;
- la survie des cellules cancéreuses ;
- la résistance aux traitements.
Sous l’effet du CBD et du THC :
- l’activité de cette voie diminue ;
- la protéine suppresseur de tumeur PTEN est renforcée.
Ce double effet contribue à freiner la progression tumorale.
Un effet sélectif qui interroge
Autre point important : les cellules saines exposées aux cannabinoïdes présentent peu d’altérations significatives.
Cette différence de comportement entre cellules saines et cancéreuses est considérée comme un signal encourageant, notamment pour envisager des traitements potentiellement mieux tolérés que certaines chimiothérapies.
Ce que ces résultats changent, et ne changent pas, aujourd’hui
Malgré ces résultats prometteurs, il est essentiel de rappeler un point fondamental : l’ensemble des données provient d’expériences in vitro, c’est-à-dire réalisées en laboratoire.
Cela implique plusieurs limites :
- les effets observés ne sont pas encore validés chez l’animal ou chez l’humain ;
- le comportement des cellules dans un organisme vivant est beaucoup plus complexe ;
- les doses utilisées en laboratoire ne sont pas directement transposables.
À ce jour, le cannabis médical est utilisé uniquement pour soulager certains symptômes comme la douleur, les nausées ou la perte d’appétit. Il ne constitue pas un traitement anticancéreux validé.
Une piste de recherche, pas un traitement
Ces travaux ouvrent néanmoins des perspectives intéressantes. À terme, ils pourraient permettre de :
- développer des traitements complémentaires ;
- mieux cibler les cellules résistantes à la chimiothérapie ;
- améliorer la tolérance des protocoles existants.
Mais avant toute application clinique, des étapes restent indispensables :
- des études précliniques sur modèles animaux ;
- des essais cliniques chez l’humain ;
- la validation des doses et des modes d’administration.
En résumé
- Le CBD et le THC montrent des effets anticancéreux prometteurs en laboratoire.
- Leur combinaison semble particulièrement efficace.
- Les mécanismes impliquent apoptose, inhibition de la prolifération et blocage de voies tumorales clés.
- Les effets semblent sélectifs sur les cellules cancéreuses.
- Mais aucune application clinique n’est encore validée.

